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Les 6 produits les plus hardcore du supermarché asiatique


Les supermarchés asiatiques du 13e proposent des produits parfois durement identifiables pour les non-initiés. Entre deux canettes de Tsingtao et le rayon fruit exotique, on peut facilement tomber sur un joli sachet de sang de porc frais ou un pack de trucs séchés tout noirs et rabougris. Ce sont des produits généralement boudés par les Français qui choisissent plutôt de repartir avec une  traditionnelle  barquette de nems congelés. Vu qu’on bouffe déjà des escargots et des moisissures lactiques, on s’est dit qu’on pouvait aussi goûter ces aliments-là. On a donc sélectionné ceux qui nous paraissaient les plus immondes et on a réuni des potes courageux pour tester avec nous les 6 produits les plus hardcore de chez Tang Frère & Cie.

Pattes de poulet congelées :

patte de poulet

Direct, le sachet attire l’attention. On distingue au travers du plastique un conglomérat glacé de doigts fourchus enchevêtrés les uns aux autres. Les pattes semblent entières et on voit même les ongles. En France, c’est le genre d’extrémité qui part tout de suite à la poubelle. En Chine, c’est un met commun qu’on grignote tranquillement à l’apéro. En terme de préparation, c’est un peu compliqué.  Mon pote Google galère pour me sortir une recette mais je finis tout de même par trouver quelques explications sur un obscur forum. Les pattes doivent cuire au moins 3 heures dans un bouillon, histoire d’attendrir la peau bizarre qui entoure l’os. 3h plus tard, c’est prêt et ça a toujours l’air aussi dégueulasse.

Juste le fait de ramener l’assiette fout une grosse pression aux gens dans la pièce. On dirait qu’on vient d’entamer un rituel vaudou plus qu’un dîner entre pote. Et pourtant, tout le monde se lance. La patte a une furieuse tendance à gigoter quand on croque dedans. C’est gélatineux comme de la couenne de porc et la « viande » a un goût d’eau de vaisselle légèrement épicée. 

« J’ai l’impression de manger ma propre oreille »

« C’est le KFC des gens qui crèvent la dalle »

« Le meilleur morceau, c’est le coussinet sous la patte »

patte de poulet

Vessies de poisson frite :

vessie poisson frite

Ce truc ressemble dangereusement à un aliment inoffensif pour ton palais. On pourrait croire que c’est une sorte de curly local. Mais non, c’est bien plus tordu. Apparemment, les poissons ont deux vessies : une pour pisser et l’autre pour assurer la flottaison. Je ne sais pas à quelle catégorie appartient celle que nous nous apprêtons à déguster.

Confiant grâce à l’aspect, le groupe croque allègrement dans « la chips ». A la première bouchée, chacun prend conscience de son erreur. L’aspect curly cachait un redoutable liquide puant, blanc et crémeux qui gicle sans prévenir et tapisse la langue d’une matière visqueuse, collante et âcre. Le goût est pire que dégueulasse, on dirait une crème glacée au nuoc-mam en pire.

« Le goût est comme imprimé sur ma langue »

« C’est du viol »

Soupe aux plantes séchées : 

soupe chinoise

Cette « soupe » en kit se compose de 6 plantes séchées dont l’une ressemble étonnamment à de la merde. Pas d’indication sur le paquet ni sur internet. Je suis mes instincts asiatiques et plongent le contenu dans l’eau bouillante. J’attends un peu et l’eau prend très vite une couleur cendrier de fin de soirée. On dirait juste une tisane de mégot. A l’odeur, tu sais que le truc va surement avoir un effet dépuratif agressif. Ça sent le médicament et la mauvaise blague.

J’amène la casserole sur la table. Le bouillon est devenu totalement noir, l’étron végétal surnage au milieu des petits bouts d’écorce rabougris. Comme on fait ça bien, chacun a le droit à un petit bout de crotte dans son verre en plastique. Le jus est amer et donne l’impression de lécher un arbre à pleine bouche. Les écorces sont dures à mastiquer ; a contrario,  la plante-étron fond littéralement en bouche.

« Ça sent le sous-bois »

« J’ai l’impression d’être une termite »

« C’est une blague ? »

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Langues de canard : 

langue de canard

Google me conseille de préparer mes langues de canard à la poêle, simplement accommodé d’un peu d’ail. Les organes ont un aspect clitoridien assez déstabilisant. Une observation plus poussée dévoile également la présence des cordes vocales et d’une petite membrane type crête de coq. A la cuisson, une odeur musquée de viande faisandée envahit la pièce. Ça s’annonce mal.

Une fois préparées, les langues ont la même tête qu’un tampon imbibé de sang menstruel qui aurait séché plusieurs jour au soleil. Au toucher, on constate la présence d’un os central assez étonnant. La chair est visqueuse et a un goût de fer, l’organe semble gorgée de sang et mon cerveau fait bien malgré moi un lien direct entre le goût des langues de canard et des images de placenta.

« C’est une viande qui a vécu. »

« Tu me jures que ce n’est pas un organe sexuel ? »

« Je vais vomir. »

langue de canard

Boisson aux graines de basilic : 

boisson graine de basilic

Au rayon boisson, on tombe sur cette canette de jus aux graines de basilic. Le produit semble un peu moins violent que ceux qui s’entassent déjà dans le panier. L’intitulé étant tout de même assez intriguant, on l’embarque en se disant que ce sera peut-être la pause fraîcheur de ce dîner de l’extrême.

Le liquide est translucide et gluant comme du mucus. De petites graines noires sont également bien visibles à l’œil nu. La texture gélatineuse et très sucrée ne désaltère pas, elle étouffe. Le goût tire vers les cosmétiques, j’ai la sensation de manger ma crème de jour. Les graines n’apportent pas grand chose à l’ensemble et se calent délicatement entre les dents de tous les participants.

« C’est des fourmis les petits points noirs ? »

« C’est comme manger un bol de morve. »

« Est-ce que ça a quelque chose à voir avec des organes génitaux de batracien ? »

Gelée d’herbe : 

gelée herbe

A coté d’une conserve de beurre (oui, une CONSERVE de beurre), nous trouvons cette sympathique boite de gelée d’herbe. Sur l’étiquette, une photo du produit nous indique que la substance à l’intérieur est noire comme du charbon. Ça a l’air dégueu mais rafraîchissant à la fois.

Une fois ouverte, on fait face à une gelée noire et brillante comme du goudron. Limite, je me vois dedans. La substance colle aux parois et gigote méchamment à chaque tentative d’extraction. Une fois dans l’assiette, elle forme une masse compacte et mouvante assez inquiétante. La couleur n’arrange rien. On sent clairement que la lassitude s’installe dans le groupe et personne n’est vraiment chaud  pour tester. Au final, la chose s’avère sans goût particulier malgré l’aspect repoussant.

« C’est une glace au pétrole ? »

« J’en peux plus, laisse-moi tranquille ! »

« Ça a vaguement un goût de vaisselle sale. »